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Villeneuve-sur-Lot. Des stades et des hommes qui ont marqué l’histoire du sport à Villeneuve et en France

Le stade du Pont-de-Marot fait partie de l’histoire du sport à Villeneuve. C’est là qu’est né le rugby à XIII à la française. Il n’existe que dans la mémoire des plus anciens d’entre nous. À partir de 1955 un chantier débute à l’entrée sud de la ville. Le stade municipal sera baptisé stade de la Myre-Mory. Un homme à la destinée exceptionnelle tout comme Max Rousié qui est le nom du terrain d’honneur du stade municipal.

Du stade du Pont-de-Marot, il ne reste que quelques photos et cartes postales, jaunies. Des souvenirs racontés, encore, par quelques anciens qui ont vécu, peut-être, ou entendus, plus sûrement, les confidences des acteurs sportifs de ce temps-là. On parle de l’année 1934. Les Gallias’s Boys, du surnom que leur a donné la presse anglaise, font une tournée outre-Manche pour se perfectionner à ce nouveau sport dont Jean Gallia est devenu l’ambassadeur. Au retour, une fédération va se constituer avec dix clubs professionnels et dix-neuf clubs amateurs. Une partie de ces clubs est constituée des anciens clubs quinzistes et l’autre partie est l’œuvre d’ex-dirigeants quinzistes, attirés par ce jeu qui permet le professionnalisme. À partir d’octobre 1935, dix clubs se disputent le premier championnat de France et la première coupe de France. Sur ces dix clubs on trouve des clubs ayant marqué l’histoire de cette discipline : le XIII Catalan, l’US Lyon-Villeurbanne XIII, le RC Roanne et le SA Villeneuve, qui allait devenir l’US Villeneuve XIII. Les matches, ici, se déroulent justement sur le pré du Pont-de-Marot qui était entouré d’une piste pour le vélodrome. Le champion 1935 est le SA Villeneuvois XIII, vainqueur aux points aux points du premier championnat disputé en France, avec 14 victoires, 3 nuls et 1 défaite. Le premier vainqueur de la coupe de France est l’US Lyon-Villeurbanne. Pour succéder au vieux stade du Pont-de-Marot qui datait des années 1900 la municipalité villeneuvoise fit construire en 1955-1956 un nouveau stade et d’autres équipements au début de la route d’Agen. Pendant plusieurs mois, les ouvriers de l’entreprise Gaillard travaillèrent à la construction des tribunes jusqu’à cette journée inaugurale en 1956 qui vit le club de Villeneuve XIII affronter celui d’Avignon. Pour la petite histoire, ce furent les Vauclusiens qui s’imposèrent sur la pelouse vierge du nouveau stade. Ce nouveau stade fut dénommé stade de la Myre-Mory, en l’honneur du député et militaire de réserve lot-et-garonnais Robert de la Myre-Mory tué au front lors de la Seconde guerre mondiale. Les équipements sportifs comprennent, en plus du terrain d’honneur et de sa tribune de 1434 places assises, deux terrains d’entraînement ; un terrain avec tribune de 500 places assises pour le football construite bien plus tard et baptisé du nom d’Eduardo Frias ; un terrain d’entraînement ; une piste d’athlétisme synthétique avec huit couloirs portant le nom de Maurice Manierka ; des courts de tennis couverts, une dizaine de courts de tennis extérieurs ; et un fronton de pelote basque. En 2010 d’autres équipements viendront compléter l’offre du stade municipal transformant en véritable complexe sportif le stade initial.

Un héros de guerre

“L’histoire du député Villeneuvois laisse méditatifs les âmes patriotes et les passionnés de destins chevaleresques”, commentent les historiens locaux quand il s’agit d’évoquer la vie de Robert de la Myre-Mory. Celui qui donna son nom au stade municipal n’est pas Villeneuvois de naissance. Robert de la Myre-Mory est né le 4 mars 1898, à Port-au-Prince, où son père gère la banque nationale de la capitale haïtienne. La famille, issue de la noblesse Picarde, rejoint la métropole et s’installe en Lot-et-Garonne, au château de Cadrès. Robert de la Myre-Mory fait ses études à l’École supérieure d’agriculture d’Angers. Robert de la Myre-Mory n’a que 16 ans lors de la déclaration de guerre. Il s’engage en 1917 et devient de fait le plus jeune soldat du 26e Régiment d’infanterie. Mutilé la même année, il revient dans sa famille au château de Cadrès, cet endroit dans lequel Robert de la Myre-Mory passa une partie de son enfance. À son retour, il se lance en politique comme défenseur de la cause paysanne. “Républicain modéré”, il entre au Conseil général en 1933. Sa réputation dépasse les limites de son domaine. La même année, suite aux élections imposées par le décès de Georges Leygues, il se fait élire à l’assemblée nationale dès le premier tour, avec 58 % des suffrages. Au Parlement, le Lot-et-Garonnais s’intéresse essentiellement aux problèmes propres à sa région et plus particulièrement à l’assainissement du marché du vin.

Lors du second conflit mondial, en 1940, il a 42 ans. Ses fonctions électives le dégagent de toute obligation militaire et pourtant il décide de se porter volontaire. Si son mandat de député l’autorise à revendiquer un grade d’officier, c’est bien comme simple soldat qu’il rejoint le 4e bataillon de chars légers cantonné en Meuse. Huit jours après, il devient caporal. Il revêt par la suite les galons de sergent. Il est promu chef de char, sollicitant “l’honneur” d’être affecté aux opérations les plus dangereuses. La mort le frappe à Voncq, dans les Ardennes, autour du 10 juin 1940, la date n’est pas sûre. Quand il sort de son tank pour effectuer une reconnaissance. Une balle le fauche. “C’est la dimension d’abnégation que cet homme a portée à son paroxysme”, estimera, plusieurs décennies plus tard, Michel Labourdette, président de l’Association départementale des amis de la fondation pour la mémoire de la déportation et ancien adjoint au maire de Villeneuve en charge des anciens combattants. Il faut attendre 1948 pour que sa dépouille rejoigne Villeneuve-sur-Lot. Le 30 novembre, la Ville lui rend hommage. Une chapelle ardente est dressée en mairie, dans l’ancien hôtel de ville bordant le Lot, où une foule immense vient se recueillir devant son cercueil et l’accompagne au cimetière. “Comment ne pas faire un parallèle”, ajoute Michel Labourdette, “en célébrant le 71e anniversaire de la mort de Robert de la Myre-Mory, avec son aîné de 42 ans, Georges Leygues, qui s’engagea, volontairement comme lui, à l’âge de 58 ans, dans les Chasseurs alpins ?”

Un “phénomène”

C’est en août 2011, que le terrain d’honneur prend le nom de stade Max-Rousié afin d’honorer la mémoire du fantasque joueur de rugby qui porta fièrement les couleurs du Sport athlétique villeneuvois (XV puis XIII), de Roanne XIII et des équipes de France de rugby à XV puis à XIII et qui trouva la mort dans un accident de voiture le 2 juin 1959 à Saint-Justin dans le département des Landes. Une petite polémique fut bien vite oubliée sur les couleurs en bleu et blanc de la plaque nominative apposée sur le fronton de la tribune principale, dans une ville ou tous les clubs, ou presque, arborent des couleurs vertes et blanches.

Max Rousié est né le 14 juillet 1912 à Marmande mais va très vite suivre ses parents qui vont acheter une boucherie à l’entrée de la route de Casseneuil. Dès 7 ans, il commence à tâter de la balle ovale. En minimes avec les Coqs rouges ou en scolaire avec les Liserons du collège, son talent marquera beaucoup de monde. Son premier match officiel à XV, il le jouera à 15 ans contre Limoges. Sa carrière ne fait alors que commencer. À XV, il décrochera quatre Capes internationales au début des années “30” avant de bifurquer vers le rugby à XIII qu’il contribuera sans aucun doute à faire prospérer. Il honorera 14 sélections en bleu. Et ils sont beaucoup à se rappeler son premier match à Villeneuve, justement au stade du Pont-de-Marot, le 6 mai 1934, contre le Yorkshire. Pour ceux qui connaissent l’histoire du sport en France, Max Rousié c’était “le plus grand” ou encore “un phénomène”. Un complexe sportif à Paris porte même son nom.

المصدر: https://news.google.com

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